La pâquerette fleurit dans les prairies maigres

La pâquerette s’épanouit dans les prairies à Pâques, d’où son nom populaire.

Bellis perennis plante 1

Son nom scientifique est lui aussi riche de signification puisque bellis signifie beau et perennis signifie vivace, éternel… Beauté éternelle, ceci pourrait donc résumer l’action de cette Astéracée, du moins c’est le message qu’ont voulu laisser nos ancêtres.Bellis perennis fleur 1
Cette jolie fleur blanche et jaune n’est pas une fleur mais un capitule avec des centaines de fleurs. En effet, la pâquerette  fait partie de l’ancienne famille des composées (aujourd’hui appelée Astéracées) qui portait bien son nom : la «fleur» est composée de nombreux fleurons en forme de languette blanche (ligule) et de tubes jaunes au milieu. Si vous regardez de plus près…encore plus près, vous verrez  au coeur des tubes qu’il y a tout ce qui fait qu’une fleur est fleur : un ovaire avec un stigmate et des étamines : l’organe mâle qui abrite le pollen avec 5 étamines regroupées autour du style solitaire, l’ovaire surmonté d’un stigmate fendu en deux.  Après fécondation l’ovaire donnera un fruit sec légèrement poilu, l’akène. Les « pétales » blancs, les ligules, qui peuvent être rosés, sont aussi des fleurs mais qui ont seulement des organes femelles sans étamine. La plante est en rosette avec des petites feuilles en forme de spatule plaquées sur le sol, sans tige. Un pédoncule court, 5 à 15 cm, porte un seul capitule. Cette plante produit des rhyzomes qui lui permettent de gagner du terrain et comme elle résiste bien à la tonte et aux dents des herbivores, elle peut fleurir longtemps.  Elle s’ouvre et se ferme selon la présence ou l’absence de soleil.

La pâquerette pousse dans des terrains en cours de décalcification, c’est à dire qui perdent leur calcium du fait de l’érosion ou du lessivage. Lorsque le complexe argilo-humique est déficient, les éléments tels le fer ou le calcium sont lessivés, ce qui accentue encore la dégradation du complexe. Pour remédier au problème il faut apporter du compost de bonne qualité pour relancer la vie microbienne.

Largement présente dans toute l’Europe et le nord des Etats-Unis, la pâquerette était traditionnellement utilisée dans les soins de la peau puisque déjà à la Renaissance, elle entrait dans la composition d’onguents pour soigner les plaies et les tissus enflammés.
Son action astringente et émolliente est appréciée pour traiter le catarrhe des voies respiratoires et faciliter l’expectoration. Quelques utilisations traditionnelles la réservaient au soin des rhumatismes et des coups. En homéopathie, on l’utilise d’ailleurs souvent avec l’arnica pour soulager les courbatures et les meurtrissures. Comme elle pousse dans les terrains décalcifiés elle peut aider à réparer la décalcification chez l’humain ( fractures, nodules calciques…)

La macération huileuse de cette fleur permet d’extraire des composés naturels ayant les propriétés de tonifier les vaisseaux sanguins tout en décongestionnant les zones œdémateuses.
Elle est donc largement utilisée dans les soins du buste, les soins pendant l’allaitement et après-grossesse pour retrouver tonus et fermeté et dans les soins tonifiants pour le contour du visage.

Vous pouvez  consommer les feuilles et les fleurs en salades (il n’y a pas que les soucis qui se mangent !).
Pour reconnaître la plante en rosette vous pouvez utiliser le livre Récolter les jeunes pousses des plantes comestibles co-écrit par Moutsie et Gérard Ducerf.
Pour comprendre l’interaction des plantes et des sols lisez L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices, alimentaires et médicinales.