La Gentiane, à consommer avec modération !

La Gentiane évoque, selon ses goûts et ses pratiques, la montagne, l’Auvergne, une boisson revigorante, un sirop amer …

La Grande Gentiane pousse en montagne, de l’Auvergne aux Alpes, des Pyrénées aux Vosges, et de l’Europe à l’Asie.

Plante vivace aux tiges robustes, elle se reconnait à ses feuilles opposées (contrairement au Vératre à feuilles alternes avec qui il ne faut surtout pas la confondre !) et ses fleurs jaunes à corolle divisée presque entièrement, à 5-9 lobes lancéolés, disposées en verticilles (autour de la tige) dans la moitié supérieure. La racine (utilisée pour faire sirops, liqueurs ou médicaments) est charnue et à saveur amère (celle du Vératre est fasciculée et fibreuse).

Les usages alimentaires et médicinaux sont tirés de la racine qui contient des principes amers, stimulant l’activité de l’estomac. La Gentiane jaune ouvre l’appétit, soulage les maux d’estomac, stimule la digestion et est un tonique général. Elle stimule les défenses immunitaires.

La Gentiane jaune pousse dans des terrains rocheux, riches en bases. On la trouve dans des prairies favorables à la production laitière de qualité.

Retrouvez la fiche de l’Encyclopédie des plantes bio-indicatricesNe pas confondre avec le Vératre, toxique, parfois mortel !

 

 

Se faire du mouron ou pas ?

Les noms communs portent à confusion et cela peut être dangereux, voir mortel !

Plante commune au jardin, le mouron, s’il est blanc, peut être une plante alimentaire  alors que s’il est rouge ou bleu, il peut être mortel. Et ce n’est pas qu’une question de couleur des fleurs, mais bien une histoire de FAMILLE.

Regardons cela de plus près au niveau botanique : Le mouron blanc, Stellaria media, est de la famille des Caryophyllacées, qui comprend aussi les oeillets (Dianthus), les silènes (Silene,  ), plantes familières, très décoratives. Les Caryophyllacées ont des fleurs régulières à calice monosépale (sépales soudés) ou polysépale (sépales libres) et à corolle habituellement à 4 ou 5 pétales, entiers ou diversement découpés (ils peuvent être entièrement frangés (Dianthus superbus). Le fruit est une capsule s’ouvrant au sommet (sauf pour une espèce, Silene baccifera (=fausse baie) qui a un fruit en forme de baie qui ne s’ouvre pas.

Les mourons rouges ou bleus, Anagallis arvensis et foemina, font partie de la famille des Primulacées qui abrite des plantes aux fleurs très diverses, les Primevères (Primula), les Soldanelles (Soldanella), les Lysimaques (Lysimachia), mais aussi les Cyclamens (Cyclamen) et les Androsaces (Androsace). Les fleurs sont régulières à calice tubuleux ou en cloche, parfois profondément découpé. La corolle est à pétales soudés, ordinairement à 5 lobes (rarement 4 à 7 lobes). Le fruit est une capsule à une loge s’ouvrant en long ou en travers comme un couvercle (c’est le cas de nos Anagallis !)

Au niveau des usages et de l’indication des plantes pour la vie des sols, les différences sont aussi importantes :

Stellaria media, le mouron blanc, est une bonne plante alimentaire à manger crue en salade (mélangée à d’autres plantes sauvages ou cultivées) ou cuite dans des soupes ou des mélanges d’herbes pur des tourtes, omelettes, pains végétaux, etc.

Elle indique que la matière organique est minéralisée par les bactéries aérobies et que le terrain tend vers un état d’équilibre du sol. Voir la fiche en PDF

 Anagallis arvensis est une plante toxique pour les humains et les animaux (il ne faut pas en donner aux lapins par exemple).

Elle indique un terrain léger, remué, riche en nitrates. Le mouron à fleurs rouges pousse dans les terrains acides (à  pH inférieur à 6.5) alors que le mouron à fleurs bleues pousse dans les terrains plus alcalins (pH supérieur à 7). Si ils poussent ensemble, le terrain est proche de la neutralité (pH = 6,5). Voir la fiche en PDF

 

 

Vous voyez combien il est important de bien identifier une plante et de se méfier des noms populaires.

Quels livres choisir pour découvrir les plantes sauvages comestibles ?

Pour consommer les plantes sauvages, il faut savoir les reconnaitre et apprendre à les utiliser en cuisine.

Si vous ne connaissez rien en botanique…abstenez-vous ! si vous n’êtes pas accompagné d’un connaisseur ! Et commencez à apprendre la botanique avec des flores, comme la Flore photo de Gérard Ducerf qui est très visuelle ou le Guide Delachaux des fleurs de France et d’Europe, illustrée de dessins. Et rencontrez des personnes et associations qui proposent des sorties sur le terrain pour pratiquer et progresser plus facilement.

Pour réaliser des salades il faut savoir reconnaître les plantes quand elles sont jeunes et parfois en rosettes (avant de voir les fleurs et les fruits qui permettent l’identification).  Deux guides peuvent vous aider :

Récolter les jeunes pousses des plantes sauvages comestibles : il présente 50 espèces communes et compare les feuilles de 280 plantes pouvant être confondues avec les plantes comestibles. Ses descriptifs et caractères de détermination apportent de nombreux conseils pour la reconnaissance des espèces. Moutsie organise de stages pour découvrir les plantes sauvages au sein de l’association l’Ortie.

Les salades sauvages, guide de cueillette : il présente 35 espèces de salades du sud de la France, à travers des fiches descriptives avec de nombreux détails, illustrées de dessins et photos. Les noms vernaculaires de Provence et du Languedoc sont donnés ainsi que les lieux, périodes et conseils de cueillette. Les Ecologistes de l’Euzière œuvrent à la connaissance des plantes depuis de nombreuses années.

Puis il y a les livres pour connaître les plantes et leurs usages :

Les plantes sauvages, connaître, cueillir et utiliser, de Thierry Thévenin, présente plus de 80 espèces communes. Dessins et photos sont accompagnés de textes descriptifs donnant de nombreux détails sur l’histoire, l’utilisation à travers le monde, la biologie, les règles de cueillette, les usages médicinaux et alimentaires.  C’est le livre d’un cueilleur de plantes médicinales qui connait très bien les plantes et les respecte.

Cueillir et cuisiner les plantes sauvages, de Mireille Sicard, présente 130 plantes classées par saison et par milieux. De nombreuses photos illustrent les détails de la plante au moment où elle est comestible.  Des recettes salées ou sucrées accompagnent la découverte.  Professeur de sciences naturelles et passionnée de botanique, l’auteure transmet sa passion depuis des années dans la région provençale.

Sauvages et comestibles. Herbes, fleurs et petites salades, de  Marie-Claude Paume. Les 150 plantes sont illustrées de photos et décrites au niveau botanique, culinaire et des vertus médicinales. Des recettes  et des conseils gourmands sont donnés. Photographe, infirmière et passionnée de plantes, MC Paume transmet depuis 20 ans aussi bien sur les plantes alimentaires que médicinales.

Et il y a la « bible » des plantes sauvages comestibles :

François Couplan, auteur de nombreux ouvrages, a écrit il y a maintenant ??? une véritable encyclopédie de l’utilisation des plantes comestibles d’Europe, deux livres un peu ardus, maintenant illustrés, pour les passionnés :

Le Régal végétal présente 1200 espèces et leurs usages alimentaires, médicinaux, tinctoriaux à travers le monde. Les différents usages de toutes les parties des plantes sont décrits.

La Cuisine sauvage présente les recettes selon les différents usages ou modes de préparations (salades, graines et noix, fleurs, vinaigres…).

François Couplan est ethnobotaniste, est un pionnier de l’étude des plantes sauvages en Europe. Il anime de nombreux stages de découverte et de survie.