Les Amarantes, excès de potasse ou d’azote ?

Les Amarantes, plantes vertes ou rougeâtres, à fleurs vertes ou rougeâtres, vous l’avez compris, ont des fleurs discrètes et sont difficiles à identifier !

Les fleurs sont disposées en glomérules ou en panicule plus ou moins feuillée. Sans pétales, elles sont  composées d’un périanthe herbacé ou scarieux (d’aspect parcheminé), à 3-5 divisions libres, entouré de 3 petites bractées scarieuses devenant parfois piquantes-épineuses. 3-5 étamines et 2-3 styles et stigmates surmontent un ovaire libre. Le fruit membraneux ovoïde, souvent terminé  par 2-3 becs, s’ouvre en deux  comme une boîte à savon (pyxide) ou ne s’ouvre pas (indéhiscent).

Les feuilles alternes sont entières ou échancrées, les tiges glabres ou pubescentes, sont dressées ou couchées-diffuses.

Les Amarantes sont des plantes comestibles, consommées depuis des siècles pour leurs feuilles ou leurs graines sur plusieurs continents (Afrique, Amérique, Asie). Anciennes Chénopodiacées, les Amarantes sont proches des épinards. Elles ont été rattachées à la famille des Amaranthacées par la classification phylogénétique.

Adventices de cultures parfois envahissantes, elles sont devenues résistantes au glyphosate dans les cultures de plantes transgéniques. Plusieurs espèces américaines ont été introduites en Europe avec les semences ou pour l’ornement. On trouve les Amarantes en France dans les cultures, les terrains vagues, les chemins et les friches.

Caractère indicateur :

L’apparition des Amarantes est liée à un excès de potasse ou d’azote. Selon la saison d’apparition, les causes sont différentes :

  • Au printemps les Amarantes indiquent des apports d’engrais potassiques importants.
  •  En automne, les Amarantes indiquent un manque de potasse ou d’azote au printemps. Par exemple, dans les vignes ou les vergers, le broyage des bois de taille sur place entraine une faim d’azote (les bactéries qui décomposent cette matière organique carbonée entrent en compétition avec les plantes pour l’utilisation de l’azote disponible).  
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Amaranthus albus, l’Amarante blanche, à tige blanchâtre dressée, indique les excès de fumure minérale (potasse notamment) et la salinisation des sols par excès d’irrigation.

Amaranthus deflexus, l’Amarante couchée indique salinisation et pollution des sols par les produits chimiques.

 

 

Amaranthus blitum, l’ Amarante blette, originaire de la région méditérannéenne, s’est naturalisée partout dans le monde. Elle est citée dans le Capitulaire de Villis par Charlemagne comme plante potagère à cultiver.

Les feuilles, jeunes pousses peuvent être consommées crues ou cuites comme les épinards ou les blettes. Elles agrémentent les salades composées, les tourtes de légumes, les omelettes et autres préparations culinaires. Les graines sont utilisées comme une céréale.

Amarante vient d’un mot grec ancien qui signifie immortelle, qui ne se fane pas. Ses calices persistants la font utiliser dans des bouquets secs.

 

La Mercuriale annuelle, indicatrice d’érosion !

Le genre Mercurialis, les Mercuriales, comprend en France deux espèces qui indiquent soit un sol en érosion (Mercurialis annua), soit un sol argileux à fort pouvoir de rétention en eau (Mercurialis perennis) !

Bien déterminer l’espèce est donc important pour comprendre l’état de son sol.

Bien que de la famille des Euphorbiacées, (si vous êtes un peu connaisseur de la botanique, cela ne vous aidera pas à les reconnaître du premier coup d’œil), les inflorescences des Mercuriales ne ressemblent pas à celle des Euphorbes (celles-ci sont composées de glandes plus ou moins cornues, de styles et d’étamines, au sein de bractées vertes ou jaunâtres, la  cyathe).

Sans pétales, les fleurs mâles et femelles des Mercuriales sont sur des pieds séparés (plante dioïque) et possèdent seulement étamines ou ovaire et styles, sans glandes. Les plantes ne possèdent pas de latex blanc lorsqu’on casse une tige ( les euphorbes, oui).

Mercurialis annua est une plante annuelle, qui pousse en adventice des cultures. Herbacée de 20 à 50 cm de haut, elle croit au printemps ou à l’automne dans les terrains cultivés.

Mercurialis annua est une plante médicinale, dont les vertus auraient été découvertes par Mercure, Dieu du commerce et du voyage dans la mythologie romaine, d’où son nom. C’est une plante toxique, difficile à utiliser en phytothérapie. Elle est réputée émolliente, laxative et diurétique.

 

Mercurialis perennis est vivace et pousse dans les sous-bois calcaires et basaltiques. Plante herbacée de 20 à 50 cm, à rhizome  traçant, elle fleurit au printemps dans les lieux frais et ombragés.

Mercurialis perennis est utilisée en homéopathie, en neurologie, pour le traitement de certaines migraines.

 

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Si Mercurialis annua est présente dans un terrain cultivé avec un coefficient d’au moins 2 ( taux de recouvrement de 25 % ou plus), cela signifie que la capacité de stockage des éléments fertilisants et de l’eau a disparu.

Si en plus on a Senecio vulgaris, le Séneçon commun, on est en lessivage grave voir en érosion (L’INRA dit : Perte de 7 T de terre arable par Ha et par an).

Comment remédier à cette problématique ?

Pour reconstituer les capacités de stockage il faut apporter, entre le 15 septembre et le 15 octobre, 5 tonnes par ha de matière organique avec un C/N supérieur à 30 et au printemps 2 tonnes par ha de compost avec un C/N compris entre 20 et 30.

Il faut éviter de laisser les sols nus en assurant une couverture permanente.

 

La « saignette » , « herbe aux charpentiers », « sourcil de vénus », la plante de saison !

Quelle est donc cette plante, dont les noms populaires sont évocateurs de certaines de ces propriétés  ?

Quelle est donc cette plante qui  indique des  » hémorragies » de matière organique et de fertilisants, dues à des traumatismes du sol provoquant des érosions ?

Mais oui, c’est l’Achillée millefeuille, Achillea millefolium, de la famille des Astéracées.

Plante vivace, traçante, cette plante aux feuilles découpées finement et aux fleurs composées disposées en corymbes, est très commune partout en France.

Elle est hémostatique et conseillée dans les problèmes de circulation sanguine et aide à la cicatrisation, les troubles digestifs et les douleurs pelviennes.

Elle est comestible et peut être utilisée en petite quantité dans les salades, omelettes aux herbes (feuilles, fleurs) ou pour parfumer les flans et les crèmes (fleurs).

La plante est déconseillée en période de grossesse et pour les personnes allergiques aux Astéracées.

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